mardi, 06 octobre 2009

L'écho

Rôdant, triste et solitaire  Dans la forêt du mystère,
J’ai crié le coeur très las :

« La vie est triste ici-bas ! »
L’Écho m’a répondu : « Bah ! »


« Écho, la vie est méchante ! »
Et, d’une voix bien touchante,
L’Écho m’a répondu : « Chante ! »

« Écho, Écho des grands bois, Lourde,
trop lourde est ma croix ! »

L’Écho m’a répondu : « Crois ! »

« La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »

Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »

Comme l’Écho des grands bois M’a conseillé de le faire :

J’aime, je chante et je crois ! 
Et je suis heureux sur terre !

Théodore Botrel (1868-1925)

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lundi, 05 octobre 2009

La différence enrichit

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Un enfant noir,
à la peau noire, aux yeux noirs ,
aux cheveux crépus ou frisés,
Un enfant blanc,
à la peau rose, aux yeux bleus ou verts,
aux cheveux blonds et raides
 
Est un enfant .
 
L'un et l'autre, le noir et le blanc ont le même sourire
quand une main leur caresse le visage
quand on les regarde avec amour
et leur parle avec tendresse.
 
Il verseront les mêmes larmes si on les contrarie,
si on leur fait mal.
 
Il n'existe pas deux visages absolument identiques.
 
Chaque visage est un miracle....parce qu'il est unique.
 
Vivre ensemble est une aventure où l'amour,
l'amitié est une belle rencontre
avec ce qui n'est pas moi,
avec ce qui est toujours différent de moi
et qui m'enrichit.
 
Tahar Ben Jelloun
Ecrivain marocain

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samedi, 19 septembre 2009

Lumière du Christ, tu es là, je le sais

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Lumière du Christ, tu es là, je le sais.

D'où vient que je ne te vois pas ?

Je te cherche dans la nuit de mon épreuve.

Comment ne te laisses-tu pas trouver ?

Peut-être te révèleras-tu là où je ne t'attendais pas ?

Peut-être m'apercevrai-je soudain que tu étais déjà là

et que je ne le savais pas ?

Peut-être enfin découvrirai-je que la lumière dans l'épreuve,

c'est Toi, le Christ, qui souffres avec nous,

c'est Toi, la Lumière crucifiée.

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samedi, 15 août 2009

Méditation de frère Alois pour l'Assomption 2009

«Rien n’est impossible à Dieu »

méditation de frère Aloïs pour l'Assomption

    vierge-de-taize-360.jpg

Icône de la Vierge de Taizé

« Rien n’est impossible à Dieu » : comprenant que Dieu avait besoin d’elle pour pouvoir venir sur la terre, Marie a cru en la parole de l’ange. (Luc 1.26-38)

Elle n’avait pas encore vécu avec Joseph quand l’ange lui dit qu’elle aurait un enfant et qu’il serait le Christ de Dieu. Ce qui lui était annoncé était humainement impossible. Elle aurait eu de bonnes raisons de dire non. Pourtant elle a dit oui. Et la manière d’agir de Dieu, inouïe, inaugurée avec Abraham qui a fait confiance sans savoir où il allait, s’est réalisée en elle d’une façon nouvelle et unique.

L’Evangile appelle Marie « comblée de grâces » : depuis toujours, elle était aimée de Dieu et préparée pour ce que Dieu attendait d’elle. Aucun de ses voisins ne pouvait deviner le mystère que Marie de Nazareth portait en elle. Les plus grands mystères ne se passent-ils pas dans un profond silence ? Dans l’histoire, il suffit parfois de quelques personnes pour changer le cours des événements. La confiance et le courage de Marie ont suffi pour laisser Dieu entrer dans l’humanité.

Dieu attendait de cette jeune fille un oui libre. Elle le prononce : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole. » Et voilà que sa foi sera mise à rude épreuve. La naissance de Jésus dans l’improvisation, la distance que l’enfant de douze ans marque à l’égard de ses parents, la réponse abrupte par laquelle Jésus lui fait comprendre que désormais il y a des liens plus profonds que ceux du sang, tout cela ne la fait pas abandonner sa confiance.

A Cana elle en invite d’autres à entrer dans une même confiance : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » (Jean 2.1-12) Son oui, elle le redit au moment où tout devient incompréhensible, voire absurde. Quand Jésus meurt sur une croix, elle est là. Et alors Jésus la confie comme sa mère au disciple Jean. (Jean 19.25-27)

Ce oui de toute une vie, c’est celui que Dieu attend de chacune, de chacun de nous. C’est comme s’il nous disait : « J’ai besoin de toi pour que l’Evangile puisse atteindre tous les hommes. Ne crains pas tes limites ni les souffrances. Jamais je ne t’abandonnerai. »

L’icône de Marie, Mère de Dieu, qui nous présente son fils, montre que, première à avoir fait confiance à l’Evangile, elle nous oriente vers Jésus. L’icône reproduite ici se trouve dans l’église de Taizé. Elle a été bénie en 1962 par le Métropolite Nikodim, de l’Eglise orthodoxe russe, venu nous rendre visite.

La Vierge Marie préfigure l’Eglise. Dans la communion des saints nous sommes liés à elle, comme à une mère toute proche. D’innombrables croyants ont trouvé consolation et courage en se référant à elle, dans la confiance qu’elle est vivante auprès de Dieu. Tant de personnes démunies trouvent auprès d’elle un apaisement à leurs blessures, une guérison du cœur.

La vénération de Marie fait partie de notre louange de Dieu : quand nous méditons la manière dont Dieu s’est incarné, nous adorons le Christ et nous nous émerveillons aussi devant Marie.

La vénération de Marie a pris différentes formes selon les lieux et les époques. (*) A commencer par l’évangéliste Luc qui met sur les lèvres de Marie ces mots : « Toutes les générations me diront bienheureuse. » (Luc 1.48) D’anciennes hymnes chantent cette louange de Marie avec une grande beauté poétique : « Réjouis-toi, toi qui portes en ton sein Celui qui porte tout ; réjouis-toi, Étoile qui annonce le lever du Soleil ; réjouis-toi, toi qui accueilles en ta chair ton enfant et ton Dieu ; réjouis-toi, toi qui es la première de la Création nouvelle. » (Hymne acathiste à la Mère de Dieu)

La fête du 15 août, venue d’Orient, probablement de Jérusalem, célèbre l’accomplissement du pèlerinage de Marie. Elle est désormais auprès du Christ. Il a pris près de lui celle que l’Esprit Saint avait préparée à lui donner la vie sur terre. La foi de la Vierge Marie est devenue vision. Marie atteste que l’œuvre de réconciliation accomplie par le Christ trouve son aboutissement.

Les chrétiens d’Orient ne disent pas « assomption » mais « dormition » de la Vierge. Leur manière de respecter le mystère est de s’arrêter, en quelque sorte, sur le seuil. Si, plus explicitement, l’Eglise catholique dit que Marie fut « élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps » (Concile Vatican II, Lumen Gentium 59), elle affirme que c’est avec toute sa personne, avec tout ce qui a fait sa vie, que la Vierge Marie est accueillie en Dieu.

Marie restera toujours l’exemple de la foi. Aujourd’hui, où un oui pour toujours dans le mariage ou le célibat est facilement mis en question, il est d’autant plus important que celles et ceux qui l’ont dit le gardent vivant et le nourrissent, inspirés par Marie.

Contempler le oui de Marie, le chemin qu’elle a parcouru jusqu’à son accueil en Dieu, confirme que « rien n’est impossible à Dieu », et cela peut nous amener à prendre le risque de tout miser sur la foi au Christ.

(*) Plusieurs documents œcuméniques, dont celui du Groupe des Dombes (« Marie dans le dessein salvifique de Dieu et dans la communion des saints », 1997) ouvrent une voie pour que tous les baptisés reconnaissent ensemble la place que tient la Vierge Marie dans le plan du salut, en acceptant qu’il y ait des formes diverses de vénération. Comment la mère du Seigneur, figure de l’Eglise, pourrait-elle nous séparer ? Non, elle nous unit !

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mercredi, 05 août 2009

Marie, quand je te regarde

Marie, quand je te regarde,
et que je contemple
ta vie pleine de merveilles,
je suis bien obligé de voir ta simplicité :

tu as aimé ce que tu étais !

Ce que tu avais :
une foi ouverte à tous les vents.

Ce que tu étais : une femme prête à servir.

Autrement dit, presque rien
aux yeux des hommes,
et carrément tout aux yeux
du coeur de Dieu !

Et tu as su aimer ce Dieu
ce que Dieu aimait,
et tu as donné chair à cet Amour de Dieu !

Alors, Marie, aide-nous à devenir simples :
en aimant ce que nous avons
et en aimant ce que nous sommes.
Ce que nous avons :
la vie avec toutes ses couleurs
et notre corps avec ses beautés
et ses laideurs.

Ce que nous sommes :
des hommes et des femmes
parfois sans saveur
et parfois pleins de flammes,
mais toujours ''bien-aimés'' de Dieu,
notre Père !

Fais que nous sachions aimer
ce que Dieu aime en nous
pour donner chair à cet amour
autour de nous !

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    Pierre Pythoud

    

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vendredi, 24 juillet 2009

je ne désire que toi, mon Dieu !

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Mon Dieu,
donne-moi un coeur pour t'aimer
et des yeux pour te voir ;

Donne-moi des oreilles pour entendre ta voix
et des lèvres pour parler de toi.

Donne-moi le goût pour t'apprécier,
l'odorat pour sentir ton parfum ;

Donne-moi des mains pour te toucher
et des pieds pour te suivre.
 
Sur la terre et dans le ciel
je ne désire que toi, mon Dieu !
Tu es mon seul désir, ma consolation,
la fin de toutes angoisses et souffrances.
 
Tikhon de Zadonsk, Essai sur la sainteté en Russie, Bruges, 1953
 

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samedi, 18 juillet 2009

Que c'est beau

Je ne peux me lasser face à la création
Ce merveilleux spectacle force l’admiration
Peut-on encore douter ce que fût l’origine
Devant autant de fleurs à la ligne si fine.

Regarde les montagnes élancées vers le ciel
Et leurs sommets blanchis de neiges éternelles,
Ecoute le ruisseau, la rivière, le torrent
C’est le murmure de l’eau qui s’écoule en dansant.

Et la mer qui s’amuse à nous faire reculer
Quand revient la marée elle couvre les rochers,
Nous conduisant au loin faire de longs voyages
Elle nous montre les îles et tant d’autres rivages.

Que j’aime tes couleurs revenant chaque année
Au printemps, à l’automne, toujours aussi variées
C’est la loi des saisons qui retrouvent leur place
Le monde comme une horloge, marque le temps qui passe.

Les arbres se pliant au gré de tous les vents
Font entendre leurs voix réunis en chantant
Les oiseaux en concert nous disent chaque matin
Que la terre toute entière est tenue par Sa main.

C’est Dieu le créateur qui a tout programmé
Les minutes et les heures il ne s’est pas trompé
Refuser le hasard c’est avoir du bon sens
Arrête de raisonner, rends toi à l’évidence !
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Lecture : Epitre aux Romains chap. 1 v. 20

Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité,

se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde.

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dimanche, 12 juillet 2009

le sourire

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La plus grande puissance du monde, c'est le sourire. C'est du sourire que nous vivons, comme c'est de l'absence du sourire que nous mourons. Là où il n'y a pas de sourire, la vie s'éteint. Où il y a le sourire, la vie prospère. Il est clair que si le sourire vous est offert et qu'il rencontre un visage fermé, il ne peut plus rien. Si on ne répond pas à cette intimité, rien ne se passe.

 

 

Autant le sourire est puissant s'il est reçu, autant il ne peut rien s'il rencontre un visage fermé. Gardez cette image du sourire qui est la seule image véritable de la Puissance divine. Vous comprendrez que Dieu soit à la fois la source de toute vie et qu'il soit le Dieu crucifié.

 

Si vous êtes le sourire de Dieu, si ce sourire accueille quiconque entrouvre votre porte, la vie renaîtra. Il importe essentiellement à la réalisation de notre mission d'en faire une moisson de joie, de joie pour les autres d'abord, bien sûr, de joie pour Dieu, au premier chef, et de joie pour nous. Le plus grand miracle, c'est peut-être de donner la joie à un être qui a de la peine. C'est le seul miracle que Dieu attend de nous: la diffusion de la joie.

 

La joie tend à devenir l’état habituel de l’âme contemplative qui célèbre une fête continue, reflet de la célébration éternelle.

 

La joie brûle sans se consumer dans le cœur des amis de Dieu. Dans le fond de son cœur elle jaillit à la pensée du bien aimé, comme un feu de joie pétillant et clair.

 

Dans la croix, c’est  l’amour éternel qui étend les bras vers nous, c’est notre présence au plus intime de nous-mêmes, blessée en nous et pour nous, qui veut être restituée ou plutôt qui veut nous rendre présents à elle-même afin que le trésor infini qu’elle constitue, devienne vraiment pour nous la source de toutes les joies et l’espace où notre liberté respire.

 

"Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite"(Jn 15, 11).

 

La joie de Dieu dont parle Augustin lorsqu’il dit:

 "et ipsa beata vita gaudere a te, de te, propter te"

("et voilà le bonheur, la joie qui va vers toi, de toi, pour toi")."

Maurice Zundel

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vendredi, 03 juillet 2009

Père,

Père,

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Père,

Toi qui est grand, fort, saint

Je t’écoute

Toi qui enseigne, qui prêche, qui connaît la Parole

Enseigne-moi,

Toi que le Seigneur a appelé, choisit, ordonné

Je veux faire Ta volonté,

Toi qui montre le Chemin,

qui dit la Vérité,

qui donne la Vie

Pardonne mes faiblesses, maladresses et ignorances,

Toi l’envoyé de Dieu, Christ sur terre

Je ne veux être que Ton enfant,

Père d’Amour.

 

Valérie

2/7/09

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lundi, 29 juin 2009

Que dirai je au Seigneur ?

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La prière est diverse comme l'Amour.


Comme la vie avec l'Autre,
Silence ou parole,
Louange ou reproche,
Plainte ou reconnaissance,
Quête ou rencontre ;
Gestes et regards.

Elle n'est pas monologue, ni mime.


Elle détruit les miroirs,
Mais elle me révèle  dans le regard de l'Autre,
L'Autre est Dieu....et je suis son image,
L'Autre existe...et je suis son reflet,
L'Autre est appel ... et je suis son écho,
L'Autre est la Parole ... et je suis sa réponse,
L'Autre est le souffle ... et je suis sa musique,
L'Autre est l'Esprit ... et je suis le psaume

_________

P. Raguin

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