vendredi, 25 juillet 2008
Le silence n'est pas une évasion...

Mettre sa vie en face-à-face avec Dieu,
livrer sa vie à la notion de Dieu,
c’est bondir dans une région
où nous sommes faits solitaires.
C’est la hauteur qui fait la solitude des montagnes
et non le lieu où sont posées leurs bases.
Si le jaillissement de la présence de Dieu en nous
s’exhausse dans le silence et la solitude,
elle nous laisse posés, mêlés,
radicalement unis à tous les hommes
qui sont faits de la même terre que nous.
De toutes vos paroles, il vous sera demandé compte (cf. Mt 12,36-37)
De toutes celles qu’il fallait dire
et que votre avarice aura gardées.
De toutes celles qu’il fallait taire
et que votre prodigalité aura éparpillées aux quatre vents
de notre fantaisie ou de nos nerfs…
Le silence n’est pas une évasion,
mais rassemblement de nous-mêmes au creux de Dieu.
Le silence n’est pas une couleuvre
que le moindre bruit fait fuir,
c’est un aigle aux fortes ailes,
qui surplombe le bouhaha de la terre,
des hommes et du vent.
Madeleine Delbrêl
05:42 Publié dans Madeleine DELBREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : méditations
lundi, 14 juillet 2008
Le Bal de l'obéissance

C'est le 14 juillet.
Tout le monde va danser.
Partout, depuis des mois, des années,
le monde danse.
Il y a vraiment beaucoup de bruit.
Les gens sérieux sont couchés.
Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.
Et moi je pense à l'autre roi,
Au roi David qui dansait devant l'Arche.
Car s'il y a beaucoup de saintes gens
qui n'aiment pas danser.
Il y a beaucoup de saints
qui ont eu besoin de danser.
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras.
Et saint François devant le pape.
Si nous étions contents de vous, Seigneur.
Nous ne pourrions pas résister
à ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner quelle danse
il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.
Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui toujours,
parlent de vous servir avec des airs de Capitaines,
De vous connaître avec des ars de professeurs,
De vous atteindre avec dos règles de sport.
Un jour où vous aviez un peu envie d'autre chose.
Vous avez inventé saint François,
et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
pour être des gens joyeux qui dansent leur vie
avec vous.
Pour être un bon danseur,
avec vous comme ailleurs,
il ne faut pas savoir où cela mène.
Il faut suivre, être allègre, être léger,
et surtout ne pas être raide.
Il ne faut pas vous demander d'explication
sur les pas qu'il vous plait de faire.
il faut être comme un prolongement Agile et vivant de vous,
et recevoir par vous la transmission du rythme de l'orchestre.
Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,
mais accepter de tourner, d'aller de coté.
il faut savoir s'arrêter
et glisser au lieu de marcher.
Et cela ne serait que des pas imbéciles
si la musique n'en faisait une harmonie.
Mais nous oublions la musique de votre esprit,
Et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique;
Nous oublions que dans vos bras,
elle se danse,
que votre Sainte Volonté est d'une inconcevable fantaisie !
Et qu'il n'est de monotonie et d'ennui que pour les vieilles âmes
Qui font tapisserie Dans le bal joyeux de votre amour !
Seigneur venez nous inviter.
Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,
Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l'on aura Sommeil.
Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail,
celle de la chaleur, plus tard celle du froid.
Seigneur, enseignez-nous la place que,
dans ce roman éternel amorcé entre vous et nous,
tient le bal singulier de notre obéissance.
Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins,
où ce que vous permettez jette des notes étranges
dans la sérénité de ce que vous voulez.
Apprenez-nous à revêtir chaque jour
Notre condition humaine comme une robe de bal,
qui nous fera aimer de vous,
tous ses détails comme d'indispensables bijoux.
Faites-nous vivre notre vie,
non comme un jeu d'échecs où tout est calculé.
Non comme un match où tout est difficile,
non comme un théorème qui nous casse la tête,
mais comme une fête sans fin
où votre rencontre se renouvelle,
comme un bal, Comme une danse.
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l'amour.
Seigneur, venez nous inviter.
Madeleine Delbrêl
03:20 Publié dans Madeleine DELBREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, prière
jeudi, 26 juin 2008
Seigneur, passez à travers moi
Seigneur, Seigneur,
au moins que cette écorce qui me couvre
ne vous soit pas un barrage.
Passez.
Mes mains, mes yeux, ma bouche sont à vous.
Cette femme si triste en face de moi :
voici ma bouche pour que vous lui souriiez.
Cet enfant presque gris tant il est pâle :
voici mes yeux pour que vous le regardiez.
Cet homme si las :
voici tout mon corps pour que vous lui laissiez
ma place, et ma voix pour que vous lui disiez
très doucement : ''Asseyez-vous''.
Ce garçon si fat, si bête, si dur :
voici mon cœur pour que vous l'aimiez plus fort
qu'il ne l'a jamais été...
Là où il n'y a pas d'amour, si on met l'amour,
on recueille l'amour.
Madeleine Delbrêl
05:15 Publié dans Madeleine DELBREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, prière
lundi, 04 juin 2007
Notre vie, une fête sans fin

Non comme un jeu d’échecs
où tout est calculé,
Non comme un match
où tout est difficle,
Non comme un théorème
qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin
Où ta rencontre se renouvelle.
Comme un bal,
Comme une danse,
Entre les bras de ta grâce,
Dans la musique universelle

14:32 Publié dans Madeleine DELBREL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, prières








