lundi, 23 juin 2008
Accueillir
Accueillir est un signe de véritable maturité humaine et chrétienne. Ce n’est pas seulement ouvrir sa porte et sa maison à quelqu’un. C’est lui donner de l’espace dans son coeur, pour qu’il puisse exister et grandir ; un espace où il se sait accepté comme il est, avec ses blessures et ses dons. Cela suppose qu’il existe dans notre coeur un lieu silencieux et paisible où les autres peuvent trouver le repos. Si le coeur n’est pas paisible, il ne peut pas accueillir.
Accueillir, c’est être ouvert à la réalité telle qu’elle est, en la filtrant le moins possible. J’ai découvert qu’il y a beaucoup de filtres en moi, par lesquels je sélectionne et je modifie la réalité que je veux accueillir ; la réalité du monde, des personnes, de Dieu et de la Parole de Dieu. Je choisis ce qui me plaît, ce qui flatte mon moi et me valorise. Je rejette ce qui me fait souffrir, me dérange et me donne un sentiment d’impuissance ; ce qui peut faire remonter en moi des sentiments de culpabilité ou de colère, ou une sexualité blessée. Nous avons tous, depuis notre petite enfance, des filtres qui protègent la vulnérabilité de notre coeur et de notre esprit. Grandir, c’est enlever ces filtres et accueillir la réalité qui est donnée, non plus à travers des idées préconçues, des théories, des jugements préfabriqués, des préjugés, ou à travers notre affectivité blessée, mais telle qu’elle est. Ainsi, nous sommes dans la vérité, et non plus dans un monde d’illusions.
Mais accueillir suppose que notre être profond et notre liberté intérieure soient fortifiés, que nous ne vivions plus dans la peur et l’insécurité, parce que nous ne savons pas exactement qui nous sommes et quelle est notre mission. Il faut du temps pour que ce moi intérieur grandisse, il faut beaucoup de rencontres difficiles : toutes les fois que nous avons eu tort et où nous avons demandé pardon : il faut beaucoup de grâces de Dieu et beaucoup d’amour de la part de nos amis. Pour devenir humbles et ouverts, il faut passer par bien des humiliations.
Jean Vanier
05:28 Publié dans Jean Vanier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 mai 2008
L'épreuve

L’épreuve
C’est très difficile d’attendre dans l’épreuve. Ou bien on est saisi par l’angoisse et on essaye de forcer les évènements, on essaye de « faire des choses », on se jette dans une activité forcenée et sans but réel, juste pour canaliser cette angoisse, évacuer ces énergies folles qui nous submergent peu à peu. Ou alors on brise tout, on s’échappe, on fuit : on ne peut plus rester alors qu’il ne se passe rien et que rien ne change.
Dans l’épreuve, il faut apprendre à attendre, souvent sans bouger, dans une attitude de prière et d’offrande. Il faut demander à Jésus cette grâce de savoir attendre sans toujours comprendre ce qui se passe, et sans vouloir dicter notre volonté aux évènements, aux choses ou aux gens...............C’est vrai, l’être humain à envie de comprendre, de savoir, d’aller de l’avant, et c’est magnifique. Mais quelquefois aussi il faut accepter de ne pas comprendre tout de suite.
Il y a beaucoup de choses qu’on ne comprend pas et, quelquefois il faut savoir attendre la lumière, rester, ne pas bouger, veiller, attendre l’heure de Dieu.
Quand on a fait tout ce qu’il fallait faire, il faut savoir attendre. Marie est celle qui nos apprend à attendre dans l’épreuve, devant toutes les blessures et toutes les fragilités, devant l’épreuve de nos propres blessures et nos fragilités, attendre dans la confiance et dans la certitude que la Résurrection viendra.

Jean Vanier
03:07 Publié dans Jean Vanier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, prière, jean vanier
lundi, 04 février 2008
Donne-nous des coeurs attentifs

O Marie, donne-nous des cœurs attentifs,
humbles et doux
pour accueillir avec tendresse et compassion
tous les pauvres que tu envoies vers nous.
Donne-nous des cœurs pleins de miséricorde
pour les aimer, les servir,
éteindre toute discorde
et voir en nos frères
souffrants et brisés
la présence de Jésus vivant.
Seigneur, bénis-nous
de la main de tes pauvres.
Seigneur, souris-nous
dans le regard de tes pauvres.
Seigneur, reçois-nous un jour
dans l'heureuse compagnie de tes pauvres.
Amen !
Jean Vanier

04:00 Publié dans Jean Vanier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, prière, méditation








